Antigua, sun and sea island

La Rivière Salée, passage entre Grande Terre et Basse Terre étant fermée pour une durée indéterminée deux options s’offrent aux navigateurs soit une descente sur la côte est vers Basse Terre et une remontée le long de la côte ouest, soit longer la côte sud de Grande Terre puis vers le nord pour passer entre la Pointe des Châteaux et la Désirade. La première solution est souvent envisagée car la navigation s’effectue au portant mais elle rallonge la distance. La seconde, plus courte, est une navigation au près et avec une mer houleuse, c’est pourtant cette solution que nous avons décidé de prendre puisque les prévisions météos s’annonçaient bonnes. Pointe des Châteaux - La Désirade

Donc départ de Pointe à Pitre à 13 h le 28 février pour une navigation qui nous conduira à English Harbour au petit matin. Navigation de nuit oblige. Dès la sortie de la baie un vent établi à 20 nds soulève une belle houle de 3 mètres nous obligeant à mettre le moteur pour faire cap, le vent étant plein nez, ceci jusqu’au passage entre la Guadeloupe et La Désirade que nous atteignons au coucher du soleil un peu après 18 h. A partir de là le cap était direct avec normalement un vent de travers prévu entre 10 et 15 nds, dommage nous aurons un maximum de 8 nds donc moteur toute la nuit. Pointe des Châteaux - Nos amis finlandais

Nous atterrissons à English Harbour vers 6 heures du matin pour apercevoir une forêt de mâts à l’entrée de cet ancien repaire de l’amiral Nelson. La baie d’à côté Falmouth Harbour est dans le même état, très encombrée. Nous décidons de nous diriger vers Jolly Harbour plus vers le nord. Falmouth Harbour Vue de Monserrat

L’arrivée dans cette marina, pour effectuer la clearance d’entrée aux douanes, nous enchante de part la couleur de l’eau que nous n’avions pas encore vu. Cette marina se trouve au centre d’un complexe immobilier où les maisons les pieds dans l’eau ont également leurs pontons attitrés. Certains n’aiment pas, nous nous avons trouvé l’endroit charmant, la marina avec de la place, les employés très sympathiques et le coût de la clearance 3 fois moins cher qu’à English Harbour autre passage officiel obligé.

Le mouillage de Jolly Harbour 1 Jolly Harbour La Plage de Jolly Harbour

Néanmoins devant la couleur de l’eau et avec notre moteur de guindeau tout neuf nous avons décidé de faire un premier mouillage à l’entrée de cette baie puis un deuxième un peu plus au nord à Deep Bay. Nous retournerons à la marina plus tard pour faire le plein d’eau, prendre internet et du gasoil. Deep Bay Mouillage de Deep Bay La Plage de Deep Bay

Le retour à la marina s’effectue avec une petite frayeur. A mi-chemin de notre mouillage et Jolly Harbour le moteur s’étouffe et s’arrête. Nous étions en train de nous diriger vers une autre baie pour voir un bateau que nous avions comme voisin à Puerto Calero aux Canaries et qui apparaissait sur mon écran AIS. Le cap étant vent debout, les voiles avaient été affalées et le moteur nous propulsait allègrement à 2,5 nds contre un vent à 25 nds, faites le rapport, nullissime ! Je vérifie la jauge, moitié de réservoir. Par sécurité je rajoute 40 litres et retente un démarrage. Niet, nada, rien. Je vais actionner la pompe d’amorçage de gasoil, rien. Le vent pouvant nous faire dériver vers des récifs certes un peu éloignés mais sait-on jamais, nous remettons un petit peu de génois pour prendre du large avec un cap vers Montserrat. J’entreprends alors le démontage du pré filtre de gasoil et là je vois flotter comme des champignons et au fond une sorte de boue noirâtre. Des bactéries dans le gasoil, voilà la cause. Donc nettoyage, remontage, redémarrage. Impeccable, le moteur repart cap sur Five Islands. 3 minutes et plus de moteur à nouveau. Cette fois je m’attaque à la sortie du réservoir, avant le pré filtre et là encore cette boue immonde de bactéries dans le tuyau et l’olive de raccordement au filtre. Re-remontage, amorçage de la pompe à gasoil, re-redémarrage, enfin tout est ok. Nous sommes partis il y a plus de 2 heures donc destination la marina, tant pis pour nos anciens voisins. Je n’ai pas une confiance totale dans le gasoil donc tant que ça marche on se dirige vers le port, il ne s’agirait pas de tomber en rade dans le chenal d’accès, étroit avec 3 mètres de fond et un vent dans le nez, toutes conditions réunies pour optimiser les manœuvres de port à la voile, à l’ancienne diront certains. Nous avons déjà vécu ce genre d’expérience à Port Napoléon, suite également à un problème moteur, et la remontée du chenal heureusement par un vent de travers ce qui facilite grandement les choses.

Enfin tout se passe bien et nous nous amarrons au ponton qui nous est désigné, à une longueur d’un couple de finlandais qui était déjà à côté de nous à Pointe à Pitre. Ils voyagent sur un Colin Archer de 10 mètres. Joli bateau. Ils étaient sur le même cap que nous dans le passage Guadeloupe-La Désirade, (voir photo du coucher de soleil en haut). Marina de Jolly Harbour

Compte tenu des observations effectuées sur la vitesse du bateau, aussi bien au moteur que sous voile et des constatations sous l’eau de l’état de la coque, nous décidons de demander des devis pour sortir le bateau pour carénage. Lieu : soit Saint Martin soit Jolly Harbour. Il s’avère que JH est le moins cher, donc mardi, rendez-vous est pris pour le sortir. Entre temps nous aurons passé une très bonne soirée au restaurant avec Marlène et Aurélio qui devaient être déjà loin d'Antigua mais qui ont flâné plus que prévu et que nous avons retrouvé avec plaisir. Une fois sur bers, nous prenons la voiture que nous avons loué pour deux jours afin de visiter l’intérieur de l’île et de voir le fameux repaire de Nelson, English Harbour. Le carénage plus tard, de toute façon la grue est en maintenance mercredi et jeudi, et vendredi ils sont déjà complets. Donc priorité visite. Nelson's Dockyard Nelson's Dockyard 1 Nelson's Dockyard 2

Vous voulez des beaux et des grands bateaux, venez à Antigua. Et encore sommes-nous un peu tôt dans la saison puisque les régates de la semaine d’Antigua ne commencent qu’à fin Avril. Mais déjà il y a quelques spécimens dans la démesure. Un autre monde. Sur les quais aussi l’ambiance s’en ressent, c’est disons moins convivial peut-être un peu plus frime. Il est vrai que se promener sur un ponton avec le t-shirt du « The Maltese Falcon » et le talkie-walkie montrant qu’on fait partie de l’équipage, cela pose l’individu par rapport au vulgum pecus. C’est mon impression et je la partage. Spirit of Rani Shenandoah Très, très grand bateau ! The Maltese Falcon

Dans le cadre de notre périple terrestre nous constatons que la végétation est pauvre en variétés ; cela est dû à une terre relativement aride. C’est une île beaucoup moins arrosée que la Dominique voire que la Martinique. Par contre les plages, les criques se succèdent que ce soit sur la côte Atlantique ou Caraïbe. On dit qu’il y aurait autant de plages que de jours dans une année. Par contre celles-ci ne se laissent pas voir si facilement de la route car très souvent elles sont cachées par la végétation des jardins des resorts, ces grands hôtels les pieds dans l’eau. Sea and Sun and Beaches. dickenson bay devil's bridge half moon bay indian town point long bay non such bay

Deux jours de location de voiture sont amplement suffisants pour visiter Antigua, même la capitale Saint John’s se visite en 2 heures. C’est un peu comme à Roseau en Dominique, assez délabrée par endroits avec un grand centre commercial en duty free pour les paquebots en escale de quelques heures. st john's 1 maisons St John's

Maintenant vient le temps du travail le plus ingrat du navigateur : caréner la coque. Heureusement que les employés du port savent utiliser un Karcher, 95% de la coque a été nettoyé ! Jamais encore ma coque n’avait été si bien nettoyée par les employés notamment à Port Napoléon. Donc, jeudi grattage de finition pour préparer la pose de l’antifouling, du SeaHawk érodable à base de cuivre et d’étain, un produit à priori interdit aux USA et en Europe. Serait-ce trop efficace pour les bernacles et pas assez pour les shipchandlers ? Médisant, moi, vous plaisantez, jamais je ne me permettrai. sortie de l'eau coque avant nettoyage plus que nécessaire nettoyage en cours

Première couche vendredi par 32°, chaud sous la combinaison, très chaud. Deuxième couche samedi, toujours aussi chaud. Dimanche, jour du seigneur, messe dans une des très nombreuses églises et autres congrégations présentent sur l’île, indénombrables et dont les bâtiments sont en bien meilleur état que ceux des leurs ouailles. Cherchez l’erreur. Mauvaise langue, moi, allons voyons !!! prêt à peindre première couche hélice au top prêt à repartir ou presque

Lundi le bateau est prévu pour une remise à l’eau vers 13h30 me laissant le temps de fignoler l’antifouling sur les traces laissées par les patins des bers. Ensuite direction mouillage pour un départ matinale vers St Kitts à moins de 60 milles de là, si la météo le permet bien sûr. Après ce sera Saint Barthélémy et si tout va bien Saint Martin en fin de semaine avec de nouveau une connexion internet possible.

Le mouillage de Jolly Harbour

A bientôt.

Commentaires

1. Le lundi 11 mars 2013, 07:51 par Marie-Noëlle

Belle navigation par la côte au vent !
Merci de la faire partager et à bientôt la suite.

2. Le mercredi 13 mars 2013, 19:59 par roger

Salut
Toujours des photos qui donnent envie, prenez en plein les yeux, profitez.
Ici rien ne change toujours autant de pollution, Arcelor n'a pas changé de place et de plus l'hiver joue les prolongations, on part une petite semaine skier pour nous changer les idées et respirer un peu d'air presque pur.
Bises à tout les deux
Roger et Patricia

3. Le vendredi 15 mars 2013, 13:01 par Caribou

Salut Jean-Luc et Bridge, vos photos sont splendides, surtout celle de Jean-Luc s'appuyant sur une grande colonne. Prétentieux. Sinon il fait toujours entre 0 et -10°C avec un parterre blanc en Lorraine.

4. Le dimanche 17 mars 2013, 18:39 par Thierry, Eliane

Salut,

Vous m'avez fait rêvé, on ne s'en lasserai pas. Pour les bactéries , si tu n'as pas nettoyé ton réservoir et que ça reviens par mer agitée, tu saura ce qui te reste à faire. Au mois de mai, je m'envole pour St Martin, pour faire la transat retour avec un copain.

Bon vent,

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